Depuis 2023, 400 bus destinés au transport public dans le cadre du programme gouvernemental « Esprit de vie » sont immobilisés au port de Matadi, en République Démocratique du Congo (RDC). Entre problèmes logistiques, opacité administrative et conséquences pour la population, cette situation révèle les dysfonctionnements chroniques du secteur des infrastructures en RDC.
Un projet ambitieux paralysé
Le programme « Esprit de vie », lancé pour moderniser les transports urbains et désengorger les villes congolaises, devait doter le pays de 400 bus neufs. Pourtant, ces véhicules, arrivés en 2023 au port de Matadi — principal port maritime de la RDC —, y sont toujours stockés, engendrant des coûts de stockage exorbitants et des risques de détérioration .
- Pourquoi ce blocage ? Les raisons évoquées incluent des retards dans les procédures douanières, des litiges sur les taxes d’importation, et des lacunes dans la coordination entre les ministères concernés.
- Qui est responsable ? Les autorités pointent des « lenteurs administratives », mais aucune enquête transparente n’a été menée.
Matadi, un port stratégique mais saturé
Le port de Matadi, dont la capacité a pourtant été doublée récemment pour atteindre 400 000 EVP (équivalents vingt pieds), reste un goulet d’étranglement logistique. Malgré les investissements de l’opérateur philippin ICTSI, les retards chroniques et la corruption entravent son efficacité .
- Coûts cachés : Les frais de stockage s’accumulent, grevant le budget initial du programme.
- Détérioration : Exposés aux intempéries, les bus risquent des dommages mécaniques et électroniques.
Conséquences pour la population
Le blocage des bus aggrave la crise des transports en RDC :
- Surcharge des transports existants : Les minibus et taxis improvisés restent surchargés, avec des tarifs prohibitifs.
- Manque à gagner économique : Des milliers d’emplois directs (chauffeurs, mécaniciens) et indirects (maintenance, stations) sont reportés.
Témoignage
« Chaque jour, je paie 5 000 francs congolais pour un trajet qui devrait en coûter 2 000 avec des bus modernes », déplore Jean, habitant de Kinshasa.
Cette situation illustre les défis structurels de la RDC :
- Gouvernance : Nécessité de clarifier les responsabilités entre douanes, ministères et opérateurs portuaires.
- Transparence : Un audit indépendant sur l’utilisation des fonds publics s’impose.
- Urgence logistique : Optimiser les procédures d’importation pour éviter des blocages similaires.
Appel à l’action
- Autorités : Libérer immédiatement les bus et sanctionner les responsables des retards.
- Société civile : Exiger un rapport public sur les causes du blocage.
- Partenaires internationaux : Conditionner les aides à une meilleure gestion des infrastructures.
Les 400 bus de « Esprit de vie » symbolisent à la fois les espoirs déçus et le potentiel inexploité de la RDC. Leur déblocage serait un premier pas vers une vraie révolution des transports — à condition d’en tirer les leçons pour l’avenir.
