Dans un contexte géopolitique où chaque parole politique résonne comme un coup de canon, le député national Tony Mwaba Kazadi a choisi de répliquer avec vigueur à la lettre ouverte de l’ancien ministre Thomas Luhaka. Ce dernier avait fustigé l’Accord de Washington, ce pacte diplomatique scellé entre Kinshasa et Kigali, l’accusant implicitement de fragiliser la souveraineté congolaise. Une position que Mwaba qualifie de « déséquilibrée » et politiquement orientée, dans une réponse où l’argumentaire se mue en véritable artillerie rhétorique.
Un accord défendu comme « diplomatie intelligente »
Tony Mwaba assume pleinement son intervention en pleine guerre de l’Est, défendant l’accord comme un instrument de « diplomatie intelligente ». Loin d’être un « bradage », selon ses termes, ce texte constituerait une déclinaison opérationnelle de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée à l’unanimité le 21 février 2025. Cette résolution exige pourtant le retrait immédiat des troupes rwandaises (RDF) du sol congolais – un détail que l’élu place au cœur de sa démonstration.
« Il s’agit d’un acte conforme au droit international, adapté au rapport de force actuel », insiste-t-il, transformant ainsi le débat juridique en champ de bataille sémantique.
Luhaka accusé d’omission volontaire
La critique de Mwaba envers Luhaka prend des allures de réquisitoire cinglant. Il pointe une omission jugée coupable : l’absence totale de condamnation du Rwanda dans la prose de l’ancien ministre.
« Excellence, vous n’avez cessé de mettre en cause les efforts du gouvernement sans jamais rappeler le rôle du Rwanda comme agresseur », lance-t-il, soulignant que pas « une ligne » n’est consacrée aux atrocités du M23 ou au soutien rwandais documenté par l’ONU.
Faut-il voir dans cette lacune une neutralité feinte ou, comme le suggère Mwaba, une « démarche politique opportuniste » ? La question plane comme une menace sur la crédibilité des intellectuels engagés.
Un débat qui divise l’échiquier politique congolais
Cette passe d’armes verbale illustre les profondes divisions au sein de la classe politique congolaise sur la stratégie à adopter face au Rwanda et aux groupes armés. Alors que certains, comme Luhaka, prônent une ligne plus ferme et unilatérale, d’autres, à l’instar de Mwaba, défendent une approche pragmatique, arguant que l’Accord de Washington offre un cadre légal pour sanctionner Kigali tout en évitant une escalade militaire.
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