Affaire Bukanga Lonzo : la Cour constitutionnelle rendra finalement son arrêt le mardi 20 mai

Affaire Bukanga Lonzo : la Cour constitutionnelle rendra finalement son arrêt le mardi 20 mai

Kinshasa, le 15 mai 2025 – Après plusieurs reports et rebondissements judiciaires, la Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo (RDC) a fixé au mardi 20 mai 2025 la date de prononcé de son arrêt dans l’affaire emblématique du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Initialement prévu pour le mercredi 14 mai, ce verdict très attendu clôturera un procès marqué par des tensions institutionnelles, des controverses sur les immunités parlementaires et des accusations de détournement de fonds publics avoisinant 285 millions de dollars .

Un procès aux enjeux multiples

Le dossier concerne l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, aujourd’hui député national, l’ex-gouverneur de la Banque centrale du Congo Déogratias Mutombo, et l’homme d’affaires sud-africain Christo Grobler. Ils sont poursuivis pour leur implication présumée dans la gestion opaque du projet Bukanga-Lonzo, lancé en 2014 et resté inachevé malgré des investissements colossaux. Selon le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), 83 % des fonds (soit environ 280 millions USD) auraient été détournés, avec seulement 34 millions utilisés pour le projet .

Le ministère public a requis :

  • 10 ans de travaux forcés et 10 ans d’inéligibilité contre Matata Ponyo,
  • 5 ans d’inéligibilité pour Mutombo,
  • L’expulsion définitive du territoire congolais pour Grobler .

Tensions entre la justice et le législatif

L’affaire a exacerbé les tensions entre la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale. Matata Ponyo invoque la violation de ses immunités parlementaires, non levées formellement par l’Assemblée, conformément à l’article 107 de la Constitution. Plus de 100 députés, regroupés au sein du Collectif C50, ont déposé une résolution pour défendre ces immunités, mais son examen a été bloqué par le bureau de l’Assemblée, dirigé par Vital Kamerhe .

Le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta, a affirmé que « nul acte de l’Assemblée ne saurait bloquer la justice », tandis que des parlementaires dénoncent une « dérive autoritaire » .

Un verdict aux implications politiques

Ce jugement intervient dans un climat de bras de fer institutionnel, où la légitimité de la justice et l’indépendance du législatif sont en jeu. Pour les observateurs, l’arrêt du 20 mai pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité en RDC, ou au contraire, alimenter les accusations d’instrumentalisation politique, Matata étant une figure de l’opposition .

À suivre : La réaction des parties prenantes et les éventuelles suites juridiques, notamment une possible contestation devant d’autres instances régionales ou internationales.

Lelonews.net


Sources : Actualite.cd, Radio Okapi, Congo Quotidien, MediaCongo .