Face à la débâcle militaire à l’Est, les FARDC lancent une enquête interne : 41 hauts gradés convoqués

Face à la débâcle militaire à l’Est, les FARDC lancent une enquête interne : 41 hauts gradés convoqués

Kinshasa, 20 août 2025 – Dans une décision sans précédent, l’Inspection générale des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) a convoqué 41 officiers supérieurs, dont d’anciens chefs d’état-major et des commandants opérationnels, pour une série d’auditions visant à élucider les causes des revers militaires subis face à la rébellion du M23/AFC dans l’Est du pays. Cette initiative, ordonnée par le vice-premier ministre de la Défense nationale, intervient après la chute successives de plusieurs localités stratégiques, dont Bunagana en 2022 et récemment Goma et Bukavu .

Contexte : une série de défaites militaires

Depuis 2022, les FARDC font face à une résurgence agressive du mouvement rebelle M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda. La perte de Bunagana, ville frontalière clé avec l’Ouganda, en juin 2022, a marqué un tournant dramatique dans ce conflit, entraînant le déplacement de dizaines de milliers de civils et une crise humanitaire aiguë . Plus récemment, la chute de Goma, capitale du Nord-Kivu, en janvier 2025, puis de Bukavu, au Sud-Kivu, a exposé les faiblesses structurelles de l’armée congolaise et suscité une vive émotion au sein de la population et des instances internationales .

Une enquête pour identifier les responsabilités

Selon des documents officiels, l’enquête menée par l’Inspection générale des FARDC, en collaboration avec l’Auditorat général, cible explicitement les « responsabilités ayant conduit aux revers militaires subis à l’Est du pays » . Les officiers convoqués – dont certains sont déjà en détention – devront s’expliquer sur leur gestion des opérations, notamment l’absence de renforts à Goma, le manque de coordination entre les unités, et les accusations de corruption ou de complaisance .

Parmi les personnalités visées figurent :

  • Le général Christian Tshiwewe Songesha, ancien chef d’état-major général des FARDC ;
  • Le général Célestin Mbala Munsense, également ex-chef d’état-major ;
  • Le lieutenant-général Buamunda Ntumba Franck, ex-chef de la maison militaire du président de la République ;
  • Le lieutenant-général Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu .

D’autres officiers encore en fonction, comme le général-major Ephraïm Kabi Kiriza (commandant de la Garde républicaine) ou le général-major Deogratias Lukwebo (commandant des troupes de réaction rapide), sont également concernés par cette convocation.

Les enjeux : restaurer la crédibilité de l’armée

Au-delà des sanctions individuelles, cette enquête vise à restructurer en profondeur les FARDC. Les récentes défaites ont mis en lumière des problèmes chroniques : manque de préparation, équipements obsolètes, corruption endémique, et possiblement des complicités avec l’ennemi . La reconquête des territoires perdus passe impérativement par une réforme drastique de l’institution militaire et une clarification des chaînes de commandement.

Réactions et perspectives

Si cette initiative est saluée par certains comme une avancée vers la reddition des comptes, d’autres restent sceptiques, craignant qu’elle ne serve de simple opération de communication. Les négociations politiques avec le M23, soutenues par la communauté internationale, se poursuivent parallèlement, mais dans un climat de méfiance exacerbée entre Kinshasa et Kigali .

Conclusion
La convocation de 41 hauts gradés par l’Inspection générale des FARDC marque un tournant dans la gestion de la sécurité à l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette démarche aboutira à une véritable réforme ou si elle ne sera qu’un écran de fumée dans un conflit qui, depuis des décennies, mine la région des Grands Lacs.

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Source : Documents officiels des FARDC et rapports des médias locaux et internationaux .