La suspension des vols vers le Nigeria, le Bénin et le Congo-Brazzaville soulève des inquiétudes
Kinshasa/Lagos/Cotonou/Brazzaville – La décision des autorités congolaises de fermer l’espace aérien de la République démocratique du Congo (RDC) à la compagnie rwandaise RwandAir continue de faire des vagues. Yvonne Makolo, directrice générale de RwandAir, a annoncé la suspension de plusieurs lignes aériennes traversant la RDC, affectant notamment les liaisons vers le Nigeria, le Bénin et le Congo-Brazzaville. Une mesure qui accentue les tensions diplomatiques entre Kigali et Kinshasa et perturbe le trafic aérien en Afrique centrale et de l’Ouest.
Une décision aux conséquences économiques immédiates
La fermeture de l’espace aérien congolais à RwandAir intervient dans un contexte de fortes tensions entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir les rebelles du M23 dans l’Est du pays. En réaction, les autorités congolaises ont interdit à la compagnie rwandaise toute utilisation de leur espace aérien, une décision qui se répercute désormais sur plusieurs pays de la région.
Les liaisons suspendues incluent des vols essentiels pour les échanges commerciaux et le transport de passagers :
- Lagos (Nigeria) : Une importante route aérienne pour les affaires et le tourisme.
- Cotonou (Bénin) : Un hub économique clé en Afrique de l’Ouest.
- Brazzaville (Congo-Brazzaville) : Une connexion stratégique entre les deux rives du fleuve Congo.
Pour les passagers et les entreprises dépendant de ces trajets, les alternatives sont limitées, entraînant des hausses de prix et des délais allongés. Les secteurs du tourisme et du commerce transfrontalier pourraient en subir les conséquences à moyen terme.
Des tensions diplomatiques qui s’aggravent
Cette mesure s’inscrit dans l’escalade des tensions entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de déstabiliser l’Est du pays en soutenant des groupes armés, ce que le Rwanda dément. La fermeture de l’espace aérien s’ajoute à d’autres sanctions, comme l’expulsion de l’ambassadeur rwandais fin 2022.
Du côté rwandais, Yvonne Makolo a exprimé sa déception, soulignant que cette décision pénalise davantage les passagers et les économies africaines que les gouvernements. « Nous travaillons à trouver des solutions alternatives pour minimiser l’impact sur nos clients », a-t-elle déclaré.
Quelles solutions pour les voyageurs et les compagnies aériennes ?
En attendant une éventuelle normalisation, les passagers sont contraints de se tourner vers d’autres compagnies, comme Ethiopian Airlines, Kenya Airways ou Air France, qui proposent des itinéraires contournant la RDC. Cependant, ces options entraînent souvent des temps de voyage plus longs et des coûts supplémentaires.
Les experts en aviation africaine appellent à une médiation régionale pour éviter une fragmentation croissante du transport aérien sur le continent. L’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pourraient jouer un rôle clé dans la recherche d’une résolution.
Conclusion
La fermeture de l’espace aérien congolais à RwandAir illustre une fois de plus comment les tensions géopolitiques peuvent affecter l’intégration économique africaine. Alors que le continent cherche à renforcer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de tels blocages rappellent que la coopération régionale reste fragile.
Les voyageurs et les entreprises espèrent une issue rapide à ce différend, afin de rétablir des liaisons aériennes essentielles au dynamisme économique de la région.
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