Goma sous le choc : une spirale de violences meurtrières et d’impunité

Goma sous le choc : une spirale de violences meurtrières et d’impunité

Assassinats ciblés, justice populaire et insécurité généralisée plongent la ville dans la terreur

Lelonews.net
Date : 20 mai 2025

Goma, Nord-Kivu – La ville de Goma, déjà meurtrie par l’occupation des rebelles du M23/AFC et leurs alliés rwandais, sombre dans une violence inédite. En moins de 72 heures, une série d’assassinats, d’exécutions sommaires et de crimes macabres a secoué les quartiers de Ndosho, Kyeshero, et Lac Vert, illustrant une crise sécuritaire qui échappe à tout contrôle.

Un drame familial et des exécutions ciblées

Dans la nuit du 17 mai, Augustin Muhindo a été froidement abattu à son domicile du quartier Ndosho par quatre hommes armés, sous les yeux de sa femme et de ses enfants. Ce meurtre, apparemment ciblé, s’inscrit dans une vague d’attaques similaires. Moins de 24 heures plus tard, un jeune homme non identifié était retrouvé mort derrière l’hôpital CBCA Ndosho, la tête enveloppée d’un sachet plastique – une signature sinistre de plus en plus répandue .

La justice populaire, symptôme d’un État défaillant

Le dimanche 18 mai, un présumé voleur a été exécuté par des militaires du M23 après un pillage de boutiques à Kyeshero. Le lendemain, un autre corps, supposément celui d’un cambrioleur, était découvert à Kabaya, lynché par des habitants exaspérés. Ces actes de « justice populaire », souvent filmés et partagés sur les réseaux sociaux, reflètent la déliquescence des institutions et la colère d’une population abandonnée à elle-même .

Un climat de terreur et des chiffres alarmants

Un rapport des conseils communaux de la jeunesse de Goma et Karisimbi révèle qu’entre le 25 avril et le 10 mai, 15 personnes ont été tuées par balles, 110 maisons attaquées, et 9 corps non identifiés retrouvés. Les quartiers de Mugunga, Ndosho, et Kyeshero sont les plus touchés, avec des groupes armés – parfois en uniformes militaires – agissant en toute impunité .

L’horreur absolue : un nourrisson abandonné

Dans cette descente aux enfers, la découverte d’un bébé d’une semaine abandonné dans un sac au quartier Lac Vert a choqué même les plus résilients. « La mère reste introuvable, mais une enquête est en cours », a déclaré Dedesi Mitima, chef du quartier, sans pouvoir dissiper l’effroi des habitants .

L’appel des autorités… et le silence coupable

Si les autorités locales promettent des enquêtes – comme le chef de quartier Safari Mbalibukira après le double meurtre de Mugunga –, les résultats se font attendre. Le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani accuse le M23 d’avoir massacré 107 civils en trois jours, mais sur le terrain, les rebelles continuent d’imposer leur loi, mêlant répression et taxation abusive .

Conclusion : Goma au bord du précipice
Alors que la communauté internationale reste étrangement silencieuse, Goma étouffe sous les violences et l’arbitraire. Entre les exactions des groupes armés, la justice expéditive des foules et l’effondrement des services publics, la question n’est plus de savoir si la situation peut empirer, mais comment l’arrêter avant que la ville ne devienne un champ de ruines.