Haute Cour Militaire : Le témoignage du Général Ekenge fragilise davantage le prévenu Yav

Haute Cour Militaire : Le témoignage du Général Ekenge fragilise davantage le prévenu Yav

KINSHASA – Le procès opposant le ministère public au Lieutenant-Général Philémon Yav, surnommé « le Tigre », a franchi une étape décisive ce mercredi. Cité comme renseignant, le Général-Major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, a livré une déposition qui jette une lumière crue sur les connexions présumées entre l’accusé et des officiels rwandais.

​Une révélation au cœur de l’intrigue

​L’ambiance était électrique dans la salle d’audience de la Haute Cour Militaire. Au centre des débats : un message mystérieux que le prévenu Yav aurait reçu. Selon les révélations du Général Ekenge, ce message n’émanait pas de n’importe qui, mais d’un collaborateur direct de James Kabarebe, figure centrale de l’appareil sécuritaire rwandais.

​D’après le renseignant, ce message aurait servi de canal de communication informel dans un contexte de tensions sécuritaires extrêmes dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Cette révélation vient appuyer la thèse de l’accusation qui soupçonne des intelligences avec une puissance étrangère.

​Le « message de trop » ?

​Le Général Ekenge a précisé que ce contact n’était pas un incident isolé. Il a décrit un mécanisme où les informations circulaient de manière suspecte, remettant en cause la loyauté des commandements sur le terrain.

​« Dans une armée en guerre, la clarté des communications est la règle. L’ombre d’un collaborateur de James Kabarebe dans le téléphone d’un officier général soulève des questions de sécurité nationale auxquelles la Cour doit répondre », a laissé entendre une source proche du dossier.

​La défense sous pression

​De leur côté, les avocats du Lieutenant-Général Philémon Yav tentent de minimiser la portée de ces déclarations. Pour la défense, il s’agit d’une interprétation tendancieuse de communications qui auraient pu avoir un but tout autre, notamment dans le cadre de mécanismes de désescalade passés.

​Toutefois, pour les observateurs, le passage de Sylvain Ekenge à la barre marque un tournant. Sa crédibilité en tant que voix officielle de l’armée donne un poids considérable à ces accusations de collusion.

​Vers un verdict de haute trahison ?

​Le Lieutenant-Général Yav, autrefois pilier des opérations militaires, voit son étau se resserrer. Si les faits de trahison et de participation à un mouvement insurrectionnel sont avérés sur la base de ces preuves électroniques et témoignages, les conséquences pourraient être historiques pour la hiérarchie militaire congolaise.

​Le procès se poursuit, et l’opinion publique reste suspendue aux prochaines confrontations qui s’annoncent houleuses.

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