Une procédure judiciaire historique
Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a officiellement saisi le bureau de l’Assemblée nationale pour demander la levée des immunités parlementaires de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances. Ce dernier est poursuivi pour plusieurs infractions, dont propagation de faux bruits, détournement de deniers publics et surfacturation dans le cadre du scandale des forages d’eau .
Les faits reprochés
Nicolas Kazadi, actuellement député national, est accusé d’avoir participé à une opération de surfacturation massive dans un contrat d’installation de 1 000 forages d’eau, d’un montant initial de près de 400 millions de dollars. Selon le réquisitoire du PG Mvonde, seulement 32 stations ont été livrées, malgré le paiement de 71 millions de dollars par le gouvernement .
En outre, Kazadi est soupçonné d’avoir propagé de faux bruits pour manipuler l’opinion publique et couvrir les irrégularités du dossier. Ces accusations s’ajoutent à des allégations de blanchiment d’argent et de gestion opaque des fonds publics .
La réaction de l’Assemblée nationale
L’Assemblée nationale a déjà autorisé l’ouverture d’une instruction judiciaire contre Kazadi lors d’une plénière à huis clos tenue le 15 juin 2024. Cependant, les députés ont refusé de restreindre ses mouvements, laissant à la justice le soin de prouver sa culpabilité avant une éventuelle levée totale de ses immunités .
Une affaire aux ramifications politiques
Cette affaire intervient dans un contexte de lutte contre la corruption en RDC, marquée par plusieurs dossiers sensibles, dont celui de l’ancien président Joseph Kabila et du ministre de la Justice Constant Mutamba . Certains observateurs y voient une instrumentalisation politique de la justice, tandis que d’autres saluent un réveil judiciaire contre l’impunité .
Prochaines étapes
Si l’Assemblée nationale donne son feu vert, Nicolas Kazadi pourrait être inculpé et traduit devant les tribunaux. En attendant, il a déjà saisi le Conseil d’État pour contester l’interdiction de quitter le territoire, une mesure qu’il estime violer ses droits fondamentaux .
Conclusion
Ce dossier, qui mêle enjeux judiciaires et politiques, pourrait marquer un tournant dans la gouvernance congolaise. La décision finale de l’Assemblée nationale sera scrutée de près, tant par les défenseurs de la transparence que par les partisans de l’ancien ministre.
