RDC : Joseph Kabila a bâti secrètement un empire économique grâce à des sociétés-écrans

RDC : Joseph Kabila a bâti secrètement un empire économique grâce à des sociétés-écrans

Kinshasa, 30 mai 2025 – De nouvelles révélations accablantes mettent en lumière comment l’ancien président Joseph Kabila Kabange a construit un empire économique clandestin pendant ses 18 années au pouvoir, utilisant un réseau de sociétés-écrans pour dissimuler des participations dans des secteurs clés de l’économie congolaise. Ces informations, issues d’enquêtes menées par Mediapart, The Sentry, et Bloomberg, s’appuient sur des documents confidentiels et des témoignages explosifs, dont ceux de l’entrepreneure italienne Fortunata Ciaparrone, exécutrice présumée de ce système opaque .

Un système de prête-noms et de montages financiers

Fortunata Ciaparrone, PDG de la SOGEMIP (Société de Génie d’Exploitation Minière et Pétrolière), a révélé dans des enregistrements vidéo comment elle agissait comme prête-nom pour Joseph Kabila. Elle affirme détenir officiellement 100 % des parts de plusieurs entreprises, mais reconnaît que « 25 % reviennent systématiquement à Kabila ». Parmi elles, des sociétés minières (CIIG, Coete Gaz), pétrolières (SOGEMIP Mining), et industrielles (Texico), dont les bénéfices se chiffreraient en centaines de millions de dollars .

Ces montages financiers, parfois réalisés en une seule journée, servaient à blanchir des fonds publics. Par exemple, en 2018, la SOGEMIP a simulé un partenariat avec LIU Resources pour blanchir 8 millions de dollars via des transactions fictives . La BGFIBank RDC, dirigée par le frère adoptif de Kabila, Francis Selemani, a facilité ces opérations en ignorant les alertes de ses auditeurs internes .

Pillage des ressources et complicité internationale

L’enquête Congo Hold-Up (2021) a exposé comment le clan Kabila a siphonné plus de 140 millions de dollars des caisses de l’État via des sociétés comme Sud Oil et Kwanza Capital, utilisant des comptes en Suisse (dont UBS Genève) pour acquérir des biens immobiliers . Le « contrat du siècle » avec la Chine (2008), censé échanger des infrastructures contre des minerais, a été détourné : la Congo Construction Company (CCC), dirigée par l’homme d’affaires chinois David Du Wei, a versé 30 millions de dollars à des proches de Kabila pour débloquer des accords miniers .

Un héritage de kleptocratie

Sous Kabila, la RDC est devenue un « cas d’école » de la malédiction des ressources :

  • 80 entreprises contrôlées par sa famille, des mines (or, cuivre, cobalt) aux banques .
  • 71 000 hectares de terres agricoles accaparés .
  • 3,2 milliards de dollars détournés via le projet Sicomines avec la Chine .

Pourtant, malgré les sanctions internationales (États-Unis, UE), aucune poursuite judiciaire n’a été engagée en RDC. Kabila, aujourd’hui sénateur à vie, profiterait même de sa retraite dorée tout en influençant les milices du M23 à l’est du pays, selon des sources sécuritaires .

Conclusion : L’urgence d’une justice transitionnelle

Ces révélations soulignent l’impunité persistante des élites congolaises et la complicité des institutions financières internationales. Comme le résume un rapport de The Sentry : « Le peuple congolais paie le prix d’un système qui privatise les richesses et socialise la pauvreté » . La communauté internationale doit geler les actifs du clan Kabila et exiger des réformes structurelles pour briser ce cycle de prédation.

Sources principales : Mediapart, The Sentry, Bloomberg, Congo Hold-Up .