Sama Lukonde en RDC : la procédure contre Kabila respectera la Constitution

Sama Lukonde en RDC : la procédure contre Kabila respectera la Constitution

** Poursuivi pour trahison et crimes internationaux, l’ancien président congolais face à une procédure inédite

Kinshasa, [date] – Le Sénat de la République démocratique du Congo (RDC) est désormais au cœur d’un dossier judiciaire et politique explosif. Vendredi, son président, Sama Lukonde, a confirmé qu’une demande de levée d’immunité visant le sénateur à vie Joseph Kabila serait examinée « conformément à la Constitution et au règlement intérieur » de l’institution. Cette annonce fait suite à la transmission officielle d’un réquisitoire de l’Auditeur général des Forces armées, mandaté par le ministre de la Justice, Constant Mutamba.

Des accusations gravissimes

L’ancien président de la RDC (2001-2019) est poursuivi pour « trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité », en lien avec les violences persistantes dans l’Est du pays. Selon le ministre Mutamba, des « preuves accablantes » l’impliqueraient dans une « participation directe à l’agression menée par le Rwanda à travers le mouvement terroriste AFC/M23 ». Des allégations qui, si elles étaient retenues, pourraient conduire à un procès historique.

Une procédure sous tension

La levée d’immunité parlementaire de Joseph Kabila, sénateur à vie depuis son départ du pouvoir, est une étape indispensable pour toute poursuite judiciaire. Le dossier arrive dans un contexte déjà tendu : le 18 avril, les autorités ont ordonné la saisie des biens mobiliers et immobiliers de l’ex-chef de l’État, ainsi que des restrictions de mouvement pour certains de ses proches. Par ailleurs, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dirigé par Kabila, a vu ses activités suspendues par le ministère de l’Intérieur, qui lui reproche une « attitude ambiguë » face à l’occupation de territoires congolais par des forces rwandaises.

Un examen sénatorial à venir

Si la date d’examen de la requête n’a pas encore été fixée, cette démarche relance les débats sur l’équilibre des pouvoirs et la justice transitionnelle en RDC. Les partisans du pouvoir actuel y voient une avancée vers la reddition des comptes, tandis que les pro-Kabila dénoncent une « instrumentalisation politique » visant à museler l’opposition.

Enjeux et réactions

  • Pour le gouvernement : Cette procédure s’inscrit dans la lutte contre l’impunité et la sécurisation de l’Est, où le conflit avec le M23, soutenu par Kigali selon l’ONU, a déplacé des milliers de civils.
  • Pour les défenseurs de Kabila : L’ancien président, qui a toujours nié toute implication, est victime d’une « chasse aux sorcières » destinée à éclipser les défis sécuritaires et économiques du régime Tshisekedi.

Prochaines étapes :
Tous les regards sont désormais tournés vers le Sénat, dont la décision pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique congolaise. La mobilisation des groupes de pression, tant nationaux qu’internationaux, s’annonce intense dans les semaines à venir.