Sankuru : Vives tensions après la hausse des frais scolaires, les élèves manifestent à Lusambo

Sankuru : Vives tensions après la hausse des frais scolaires, les élèves manifestent à Lusambo

Le gouverneur intérimaire Martin Issipia face à une grogne populaire, les parents et les autorités s’inquiètent

Date : 7 octobre 2025

Lusambo, Sankuru – Un mouvement de protestation spontané a éclaté lundi matin, 06 octobre 2025, dans plusieurs établissements scolaires de Lusambo, chef-lieu de la province du Sankuru. Les élèves sont descendus dans les principales artères de la ville pour contester la hausse des frais scolaires fixée par un arrêté du gouverneur provincial intérimaire, Martin Issipia. Cette décision a provoqué un mécontentement général, perturbant la circulation pendant plusieurs heures, et a conduit de nombreux parents à récupérer précipitamment leurs enfants par crainte de débordements.

Une colère spontanée dans les rues

Le mouvement, né dans plusieurs écoles, a gagné rapidement les artères principales de Lusambo. Selon des témoins, la circulation a été fortement perturbée et des jets de pierres isolés ont été signalés dans certains quartiers, sans qu’aucun incident majeur ne soit rapporté. L’inquiétude des parents était palpable sur place. L’un d’eux confie : « Je suis allé chercher mon fils parce qu’avec ces jets de pierres, je risque de perdre mon fils. Mais il y a un mécontentement du fait que le gouverneur faisant intérim a fixé un taux très élevé sans consulter les parents ou les partenaires ».

Une hausse jugée brutale et inadaptée

L’arrêté signé par le gouverneur intérimaire Martin Issipia impose des frais annuels de 62 000 francs congolais pour les élèves du cycle terminal de l’éducation de base et de l’enseignement général, et de 74 000 francs congolais pour ceux de l’enseignement technique (agricole, industriel, arts et métiers). Pour de nombreuses familles, cette hausse est perçue comme brutale et inadaptée au pouvoir d’achat local. Elle contraste vivement avec les récentes directives des autorités éducatives provinciales en matière de gratuité, comme celle rappelée par le Directeur Provincial de l’Éducation du Sankuru 1, Grégory Boloma, qui a spécifié que l’ENAFEP (Épreuve Nationale de Fin d’Études Primaires) est désormais totalement gratuite .

Les autorités éducatives s’interrogent

Du côté des institutions, la confirmation de la manifestation est tombée rapidement. Le PROVED (Provincial Director of Education) de la province éducationnelle Sankuru 2, Déograce Tara, a toutefois évoqué une éventuelle instrumentalisation du mouvement. « Il y a quelques écoles, je ne sais pas, il y a eu main noire ou quoi ? Où les élèves sont descendus dans les rues pour protester contre cet arrêté », a-t-il déclaré. Cette hypothèse n’apaise pas la colère des parents, qui réclament une révision de la décision.

Un contexte administratif sous tension

Cette crise scolaire intervient dans un contexte où l’administration Issipia tente d’affirmer son autorité. Début octobre, le gouverneur intérimaire a effectué une ronde dans les bureaux des services étatiques à Lodja pour appeler les agents au « strict respect des instructions officielles », évoquant notamment la ponctualité et l’entretien des lieux de service . Par ailleurs, son administration a procédé, fin septembre, à la nomination de plus de 100 personnes à la Direction générale des recettes du Sankuru (DGRSA), une décissage justifiée par la nécessité « d’accroître les ressources locales » , mais qui avait déjà suscité des réserves de la part de la société civile quant à la masse salariale et l’efficacité de la structure.

Quelles perspectives ?

Alors que la colère gronde, la balle est dans le camp du gouverneur Martin Issipia. Les parents demandent une révision de l’arrêté et une concertation urgente. Les prochaines heures seront décisives pour voir si l’exécutif provincial maintient sa position ou opte pour un dialogue afin de calmer les esprits et d’éviter une nouvelle perturbation du système éducatif, dans une province où les défis sont déjà immenses.

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