Une commission spéciale mise en place pour examiner les accusations contre l’ancien ministre Nicolas Kazadi

Une commission spéciale mise en place pour examiner les accusations contre l’ancien ministre Nicolas Kazadi

Le député national visé pour « propagation de faux bruits » et « divulgation de secrets d’État »

Kinshasa, 29 mai 2025 – Le bureau de l’Assemblée nationale a officiellement créé, ce jeudi 29 mai 2025, une commission spéciale chargée d’examiner le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, demandant l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire contre l’ancien ministre des Finances et député national, Nicolas Kazadi. Cette décision fait suite à une plénière au cours de laquelle le réquisitoire a été lu par le rapporteur Jacques Djoli, soulignant des accusations graves portant sur la « propagation de faux bruits » et la « divulgation de secrets d’État » .

Une commission pour éclaircir les faits

Composée d’au moins une vingtaine de députés nationaux, cette commission spéciale entamera ses auditions dès ce week-end afin de préciser son cahier de charges, conformément aux directives de la plénière. Son objectif principal sera d’évaluer la recevabilité de la demande du procureur, qui accuse Kazadi d’avoir violé les articles 73 et 199 bis du Code pénal congolais, relatifs à la révélation d’informations sensibles et à la diffusion de fausses nouvelles .

Les déclarations controversées de Nicolas Kazadi

Les accusations trouvent leur origine dans une sortie médiatique du 4 mai 2025, au cours de laquelle l’ancien ministre a dénoncé des irrégularités dans la gestion des fonds publics. Kazadi a notamment affirmé que certains fonds destinés à des projets d’intérêt général étaient « partagés avant même l’exécution des travaux », pointant du doigt une « culture de la jouissance » au sein des institutions. Il a également révélé la création de 53 établissements publics sans prévision budgétaire adéquate, une pratique qu’il juge « intempestive » et préjudiciable à la transparence financière de l’État .

Réactions et enjeux politiques

Si Nicolas Kazadi clame son innocence et dénonce une « machination politique », le procureur général estime que ces déclarations, jugées sensibles, méritent une enquête approfondie. Certains députés, comme Jean Baudouin Mayo (cité dans une affaire similaire en 2022), rappellent que « construire un État de droit exige que chacun rende compte de ses actes devant la justice » .

Prochaines étapes

La commission devra rendre ses conclusions dans les jours à venir, déterminant si l’immunité parlementaire de Kazadi doit être levée pour permettre une instruction judiciaire. Cette affaire, qui mêle enjeux judiciaires et politiques, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité en RDC, tout en relançant le débat sur la transparence des finances publiques.